Qu'est-ce que la GEPP et en quoi diffère-t-elle de la GPEC
La GEPP, Gestion des Emplois et des Parcours Professionnels, a remplacé la GPEC à la suite des ordonnances du 22 septembre 2017. Le changement de nom n'est pas cosmétique. Là où la GPEC, Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences, raisonnait en prévision des emplois et des compétences nécessaires à l'entreprise, la GEPP centre la démarche sur les parcours professionnels des salariés et sur leur employabilité dans la durée. Le cadre légal figure aux articles L2242-20 et suivants du code du travail, qui organisent la négociation obligatoire sur la GEPP dans les entreprises d'au moins trois cents salariés.
Ce que recouvre la GEPP
La GEPP est une démarche d'anticipation. Elle vise à identifier les compétences dont l'entreprise dispose aujourd'hui, celles dont elle aura besoin demain, et à organiser le passage de l'une à l'autre. Elle repose sur quelques composantes opérationnelles constantes.
La cartographie des compétences. Savoir ce que l'organisation détient réellement, emploi par emploi, compétence par compétence. C'est le socle sans lequel rien ne tient.
L'identification des emplois sensibles. Quels métiers sont menacés par les évolutions technologiques, réglementaires ou de marché. Quels métiers émergent. Quels métiers sont en tension.
Les parcours et mobilités. Comment un salarié passe d'un emploi menacé à un emploi porteur, avec quelles étapes et quelle formation.
Les dispositifs de formation associés. La GEPP ne vaut que par ce qu'elle déclenche concrètement dans le plan de développement des compétences.
Ce qui change entre GPEC et GEPP
Le déplacement du centre de gravité. La GPEC partait des besoins de l'entreprise et en déduisait les compétences à acquérir. La GEPP part également des parcours des personnes et de leur employabilité, y compris au-delà de l'entreprise. C'est une logique moins descendante et plus attentive à la trajectoire individuelle.
L'intégration dans la négociation collective. La GEPP s'inscrit dans le bloc de négociations obligatoires refondu par les ordonnances de 2017, articulé avec les autres négociations d'entreprise.
L'accent sur les parcours professionnels. Le mot parcours, absent de l'acronyme GPEC, dit l'essentiel : il ne s'agit plus seulement de prévoir des emplois, mais d'organiser des trajectoires.
Le cadre légal
Les articles L2242-20 et suivants du code du travail prévoient une négociation sur la GEPP dans les entreprises et groupes d'au moins trois cents salariés, ainsi que dans les entreprises de dimension communautaire comportant un établissement d'au moins cent cinquante salariés en France. Cette négociation porte notamment sur la mise en place d'un dispositif de GEPP, les mesures d'accompagnement associées, et les grandes orientations à trois ans de la formation professionnelle dans l'entreprise. La périodicité peut être adaptée par accord, dans les limites fixées par la loi.
Les erreurs qui vident la GEPP de son sens
La GEPP formelle. Un accord négocié, signé, rangé, et sans aucun effet sur les décisions de formation. C'est le cas le plus fréquent, et le plus coûteux, car il consomme du temps social sans produire de compétence.
La cartographie morte. Un référentiel construit une fois, jamais mis à jour, obsolète en dix-huit mois. Une cartographie qui ne vit pas ne sert à rien.
La déconnexion avec le plan de développement des compétences. Une GEPP qui ne se traduit pas dans le plan annuel de formation reste une intention. Le plan est le véhicule d'exécution de la GEPP, sans lui elle n'existe pas dans les faits.
L'absence de mesure. Sans indicateurs, personne ne sait si la démarche produit quoi que ce soit, et elle finit par être abandonnée faute de preuve de valeur.
Questions fréquentes
La GEPP est-elle obligatoire ? La négociation sur la GEPP est obligatoire dans les entreprises et groupes d'au moins trois cents salariés, et dans les entreprises de dimension communautaire répondant aux critères fixés par le code du travail. En dessous de ce seuil, la démarche n'est pas obligatoire mais reste vivement recommandée.
GPEC et GEPP, faut-il changer nos accords existants ? Les accords GPEC en vigueur continuent de produire leurs effets. La question se pose au moment du renouvellement, où le cadre GEPP s'applique.
Que risque-t-on à ne pas négocier ? L'absence de négociation obligatoire expose l'employeur à des conséquences prévues par le code du travail. Au-delà du risque juridique, l'entreprise se prive d'un outil d'anticipation dont l'absence se paie en tensions de compétences.
Par où commencer ? Par la cartographie des compétences. Sans elle, la négociation porte sur du vide. L'entretien professionnel est l'autre point d'entrée individuel de la GEPP.
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