Centres de formation des clubs : moins d'un jeune sur cinq signe pro. Et les autres ?
Par Mathias Costes
Un centre de formation agréé prépare chaque année des jeunes au sport professionnel. Une minorité seulement signera un premier contrat. Pour les autres, le code du sport prévoit une aide à l'insertion, et les fédérations notent désormais la scolarité et l'après-carrière. Le diplôme jusqu'au baccalauréat est souvent bien organisé. Ce qui vient après l'est beaucoup moins.
Une minorité signe un premier contrat
Selon l'instruction ministérielle du 20 octobre 2025, 184 centres de formation de clubs professionnels, relevant de sept fédérations de sports collectifs, sont reconnus par l'État et accueillent plus de 4 000 jeunes sportifs.
- Football. « Sur 700 jeunes joueurs formés, par génération, seuls 130 signent un premier contrat professionnel », indique la Fédération française de football, soit environ 18 %.
- Rugby. En 2024-2025, les 30 centres des clubs professionnels comptaient 825 jeunes sous convention. La Ligue nationale de rugby annonçait près de 96 premiers contrats professionnels pour la saison suivante, soit environ 12 % de l'effectif.
Dans les autres disciplines, les ligues ne publient pas de taux de sortie comparable.
Ce que dit la loi quand il n'y a pas de contrat
Le jeune admis dans un centre signe avec le club une convention de formation. L'article L. 211-5 du code du sport précise que « la convention détermine la durée, le niveau et les modalités de la formation ». Il prévoit aussi que le jeune peut être tenu de signer un premier contrat de travail avec le club, pour trois ans au plus. La règle qui intéresse les quatre autres est la suivante :
« Si l'association ou la société sportive ne lui propose pas de contrat de travail, elle est tenue d'apporter à l'intéressé une aide à l'insertion scolaire ou professionnelle, dans les conditions prévues par la convention. »
L'instruction de 2025 ajoute que la convention de formation est obligatoire « indépendamment de tout autre contrat » que le joueur pourrait signer avec le club. Rien n'interdit donc de combiner centre de formation et apprentissage. La charte des centres de formation de la Ligue de football professionnel prévoit d'ailleurs l'engagement de joueurs sous le statut d'apprenti, par des clubs agréés comme maîtres d'apprentissage.
Ce que regardent déjà les fédérations et les ligues
- Football. L'évaluation des centres 2025-2026, publiée par la FFF le 6 juillet 2026, porte sur cinq critères. L'un d'eux est la scolarité, mesurée par les diplômes obtenus lors de la saison précédente.
- Rugby. Depuis la saison 2024-2025, le modèle d'évaluation de la LNR et de la FFR consacre 10 % de la note à la préparation à l'après-carrière. Le fonds « Formation » de la LNR, de 6,4 millions d'euros, comprend une part garantie de 50 000 euros par club et une part variable répartie selon cette évaluation.
- Les familles. Dans les clubs de football, la scolarité est devenue « un argument fort pour séduire et rassurer les familles » (franceinfo, 4 septembre 2025). Les meilleurs centres affichent des taux de réussite au baccalauréat de 95 à 100 %.
La réussite au baccalauréat est donc suivie, notée et mise en avant. Le parcours du jeune après le centre (diplôme supérieur, apprentissage, premier emploi hors du sport) l'est beaucoup moins : les ligues n'en publient pas d'indicateur.
Un centre coûte cher, ses sortants sont sa meilleure preuve
- Basket. En Betclic Élite, un centre de formation représente en moyenne 479 663 euros de produits et 502 044 euros de charges (rapport de la DNCCG de la LNB, saison 2024-2025). Dans les clubs de Pro B, il pèse 9 % des charges d'exploitation.
- Volley. Un sondage de la direction technique nationale chiffre le coût annuel de formation d'un joueur entre 8 000 et 12 000 euros, hors hébergement.
Pour un club, un sortant diplômé et en emploi est la preuve la plus lisible de cet investissement, auprès des familles, des collectivités et des partenaires.
Le double parcours après le bac, concrètement
Le double projet ne s'arrête pas au baccalauréat. Cinq leviers permettent de le prolonger :
- L'apprentissage pendant et après le centre. Un contrat d'apprentissage chez le club ou chez ses entreprises partenaires prépare un diplôme ou un titre, dans les métiers du sport ou en dehors.
- Un CFA ou une unité de formation portée par le club. Le LOU Rugby dispose depuis 2018 de LOU Formation, organisme de formation et CFA. Le Stade Rochelais et le Limoges CSP accueillent une unité de formation par apprentissage du CFA du CREPS de Poitiers. Ces structures forment aussi les anciens joueurs et les salariés du club.
- Des titres professionnels découpés en blocs de compétences. Un titre enregistré au RNCP se valide bloc par bloc : le jeune engrange des compétences reconnues pendant la saison, sans attendre la fin du centre.
- La validation des acquis de l'expérience. Pour les joueurs en fin de carrière, l'expérience d'encadrement, d'animation ou de gestion peut mener à un diplôme ou à un titre.
- Un suivi individuel des compétences. Mesurer l'écart entre les compétences acquises et celles visées, générer un parcours pour chaque jeune et délivrer des badges de compétences donne au sortant une trace lisible, et au club un indicateur de suivi.
Ce qu'il faut retenir
- 184 centres agréés accueillent plus de 4 000 jeunes. En football, 130 sur 700 signent un premier contrat professionnel.
- Le code du sport impose au club une aide à l'insertion scolaire ou professionnelle pour le jeune à qui il ne propose pas de contrat.
- La FFF note la scolarité, la LNR note la préparation à l'après-carrière et y attache une part de son fonds Formation.
- La convention de formation n'exclut pas l'apprentissage : un club peut organiser un vrai parcours diplômant après le bac.
- Les ligues ne publient pas d'indicateur sur le devenir des sortants : un club qui le mesure se distingue.
Comment Mentivis peut vous aider
Mentivis est un opérateur de formation : nous concevons, ouvrons et faisons fonctionner des écoles, des CFA et des académies. Pour un club, nous prenons en charge le parcours d'après le centre :
- Un CFA ou une académie du club. Conception, déclaration et fonctionnement, pour les jeunes, les anciens et les salariés : créer un CFA et académie d'entreprise.
- Des titres reconnus. Choix des titres, partenariats avec des certificateurs, ou enregistrement de vos propres titres : certification RNCP.
- Un suivi individuel des compétences. Notre plateforme MentivisOS mesure les acquis de chaque jeune, génère son parcours et délivre des badges de compétences.
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Sources
- Code du sport, articles L. 211-4 et L. 211-5 (Légifrance, version en vigueur)
- Instruction du 20 octobre 2025 relative aux centres de formation des clubs professionnels, NOR SPOV2528989J (BO n° 43 du 13 novembre 2025)
- Fédération française de football, détecter les jeunes talents
- FFF, l'efficacité des centres de formation en 2025-2026 (6 juillet 2026)
- LNR, saison 2024-25 : 825 jeunes joueurs formés par les 30 clubs professionnels (18 juillet 2025)
- LNR, politique de formation des clubs (4 février 2026)
- franceinfo, dans les centres de formation des clubs de football professionnel, la scolarité devient un argument fort (4 septembre 2025)
- LNB, rapport de la DNCCG 2024-2025 (communiqué)
- FFvolley, procès-verbal de la commission des centres de formation du 20 février 2026
- LFP, charte des centres de formation 2024-2025
- LOU Formation, présentation
- Stade Rochelais, le club s'engage dans l'apprentissage (29 juin 2022)
Pour aller plus loin : CFA d'entreprise : définition, conditions et création, comment créer un CFA en 2026, RS ou RNCP : quelle certification choisir et accompagner une démarche de VAE.
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