Qualiopi pour un formateur indépendant : obligation ou non ?

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Un formateur indépendant n'est pas tenu d'être certifié Qualiopi du seul fait qu'il forme. L'obligation vise les prestataires financés par un OPCO, la Caisse des dépôts (CPF), l'État, les régions, France Travail ou l'Agefiph. Si vous intervenez en sous-traitance d'un organisme certifié, vous en êtes en principe dispensé, sauf pour le CPF.

Qui doit être certifié

L'article L6316-1 du Code du travail impose la certification aux prestataires d'actions concourant au développement des compétences lorsqu'ils sont financés par :

  • un opérateur de compétences (OPCO) ;
  • la commission mentionnée à l'article L6323-17-6 (transitions professionnelles) ;
  • l'État ;
  • les régions ;
  • la Caisse des dépôts et consignations, qui gère le CPF ;
  • France Travail ;
  • l'Agefiph.

Le critère est donc l'origine du financement, pas le statut juridique. Un formateur en micro-entreprise, en société unipersonnelle ou en entreprise individuelle est soumis à la même règle qu'un organisme de cinquante salariés dès lors qu'il perçoit directement ces fonds. L'exigence s'apprécie à la date de la convention avec le financeur ou de son accord de prise en charge (article R6316-8) : c'est à ce moment que vous devez être certifié.

Deux points à distinguer :

  • La déclaration d'activité. Toute personne qui réalise des actions de formation doit déposer une déclaration d'activité dès la première convention ou le premier contrat de formation (article L6351-1). Cette obligation est indépendante de Qualiopi.
  • Les financements non visés. Une entreprise qui règle vos formations sur ses fonds propres, sans demande de prise en charge à un OPCO, ou un particulier qui paie lui-même, ne sont pas des financeurs au sens de l'article L6316-1.

Le cas de la sous-traitance

Beaucoup de formateurs indépendants interviennent pour le compte d'un organisme de formation. Dans ce schéma, c'est l'organisme donneur d'ordre qui contracte avec le client et qui perçoit le financement. L'article L6316-1 vise les prestataires financés par les financeurs qu'il énumère : le sous-traitant, rémunéré par le donneur d'ordre, n'est pas directement concerné.

Le Référentiel national qualité reporte la responsabilité sur le donneur d'ordre certifié : lorsqu'il fait appel à la sous-traitance ou au portage salarial, il doit s'assurer du respect du référentiel. Attendez-vous donc à ce qu'il vous demande des justificatifs (CV, preuves de mise à jour de vos compétences, supports, participation aux évaluations) et à ce qu'il encadre votre intervention par un contrat.

Exception : le CPF. Depuis le 1er avril 2024, les sous-traitants qui réalisent des formations financées par le CPF doivent, sauf exception, être certifiés Qualiopi. Les sous-traitants relevant du régime micro-social et dont le chiffre d'affaires reste sous un plafond fixé par les conditions générales de Mon Compte Formation ne sont pas soumis à cette obligation. Vérifiez le plafond en vigueur et les autres conditions (numéro de déclaration d'activité, obligations sociales et fiscales à jour) dans la foire aux questions du ministère.

Micro-entrepreneur : ce qui change et ce qui ne change pas

Le statut de micro-entrepreneur ne crée pas de dispense générale. Si vous facturez directement une formation prise en charge par un OPCO ou financée par le CPF, vous devez être certifié, quel que soit votre chiffre d'affaires.

Ce qui change, c'est l'ampleur de l'audit. Les modalités d'audit fixées par arrêté prévoient une durée qui varie selon le chiffre d'affaires lié à l'activité de formation. Un indépendant avec un chiffre d'affaires modeste passe donc un audit plus court qu'un organisme important, ce qui pèse sur le devis du certificateur. Les exigences du référentiel, elles, restent les mêmes : information du public, conception adaptée, suivi et évaluation, moyens, compétences, veille, recueil des appréciations et des réclamations (article R6316-1).

Coûts et bénéfices

Du côté des coûts :

  • les frais d'audit facturés par un organisme certificateur accrédité, pour l'audit initial, l'audit de surveillance puis le renouvellement, sur un cycle de trois ans (articles L6316-2 et R6316-2) ;
  • le temps de mise en conformité puis de maintien : programmes, questionnaires, registre des réclamations, veille documentée ;
  • éventuellement un accompagnement et des outils.

Du côté des bénéfices :

  • l'accès direct aux financements OPCO, CPF, régions, France Travail et Agefiph ;
  • la possibilité de contractualiser en direct avec des entreprises qui sollicitent une prise en charge ;
  • la liberté de travailler sans dépendre d'un donneur d'ordre ;
  • la possibilité d'être sous-traitant sur des formations CPF, si vous ne relevez pas de l'exception micro-sociale.

Le calcul dépend de la part de votre chiffre d'affaires qui passe, ou pourrait passer, par des fonds visés par l'article L6316-1. Si cette part est marginale, la certification pèse surtout comme un coût. Si elle est importante, ou si vous perdez des contrats faute de certification, elle devient un investissement.

Les alternatives à la certification

  • Travailler en sous-traitance pour un ou plusieurs organismes certifiés, en acceptant leurs exigences documentaires et leur marge.
  • Cibler des clients qui financent sur fonds propres, notamment des entreprises qui ne sollicitent pas de prise en charge, ou des particuliers.
  • Intervenir en portage salarial pour des organismes certifiés : le référentiel prévoit ce cas et en confie l'encadrement au prestataire certifié.
  • Préparer la certification progressivement, en adoptant dès maintenant les pratiques du référentiel, ce qui facilite à la fois les exigences des donneurs d'ordre et un audit ultérieur.

Ce qu'il faut retenir

  • L'obligation Qualiopi dépend de l'origine du financement, pas du statut du formateur (article L6316-1).
  • Le sous-traitant d'un organisme certifié n'est pas directement visé, mais le donneur d'ordre doit s'assurer qu'il respecte le référentiel.
  • Pour le CPF, les sous-traitants doivent être certifiés depuis le 1er avril 2024, sauf exception pour le régime micro-social sous plafond de chiffre d'affaires.
  • La déclaration d'activité reste obligatoire dans tous les cas.
  • Un micro-entrepreneur passe un audit plus court, mais sur les mêmes exigences.

Sources


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